*HOMÉLIE DU 33e DIMANCHE DU TO "A"* 

 

_Proverbes 31,10-13.19-20.40

Ps 127(128)

Thessaloniciens 5,1-6

Matthieu 25,14-30_

 

 *"Savoir fructifier ses talents"* 

 

Frères et sœurs, nous sommes à l'avant dernière semaine du temps ordinaire. Et comme il est de tradition dans notre Église, la liturgie de la parole nous fait entendre des textes eschatologiques, qui nous parlent des fins dernières. Et comme dimanche dernier, Jésus s'inspire encore du contexte palestinien de son temps pour nous inviter à une attente active de sa venue.

 

En effet, il était fréquent de voir un patron s'absenter pendant de longues durées en confiant la gestion de ses biens à ses serviteurs, pour leur demander des comptes à son retour. C'est la situation de la parabole de ce jour. A ses trois serviteurs, il confie des talents en fonction des capacités de chacun. Les deux 1ers serviteurs se mettent aussitôt au travail pour faire fructifier leurs talents reçus. Le 3e fait par contre le choix de la passivité et de l'inertie. Au retour du patron, il leur demande des comptes. Aux deux serviteurs qui ont fait fructifier leurs talents, le patron, non seulement leur confie d'autres responsabilités plus grandes, mais il les associe à sa joie :"Entre dans la joie de ton seigneur"(Mt 25, 23). Le 3e serviteur, au lieu d'assumer son choix de n'avoir pas travaillé, il évoque plutôt sa peur de son patron, qu'il accuse d'être un tyran, puisqu'il récolte là où il n'a pas semé. Dans sa peur donc du patron, il n'a voulu prendre aucun risque, aucune initiative, il a plutôt croisé les bras. Le patron comprend aussitôt que ce serviteur était un paresseux qui se cache derrière la peur. Alors il lui retire son talent et lui refuse l'honneur de participer à sa joie.

Frères et sœurs, cette parabole nous édifie à plus d'un titre. 

 

 *Primo*, sachons qu'à nous aussi, le Seigneur a confié des talents. Et il ne suffit pas de les conserver, mais il faut plutôt les faire fructifier et les mettre en valeur. *Le mot talent, peut renvoyer à nos capacités naturelles, spirituelles, physiques, morales, etc, et aussi à tous les dons que nous avons reçu du Seigneur*. 

 

La question que chacun de nous devrait se poser est la suivante : *quels sont les talents que le Seigneur m'a donné en venant en ce monde et surtout, qu'est-ce que j'en fais avec ?* 

Cette question est assez pertinente, car elle soulève là le problème de la connaissance de soi ; qui elle-même est nécessaire pour notre mieux être au monde. Beaucoup d'entre nous, ne connaissent d'eux-mêmes que leurs défauts, et du coup n'ont qu'un regard négatif sur eux-mêmes : *"je suis nul, je suis bon à rien, je ne peux rien faire, quand c'est moi c'est toujours comme ça, on m'a certainement attaché au village...".* Non et non, faire ainsi, c'est une façon de s'auto-détruire, il est important d'avoir un regard positif sur soi-même, et il faut aussi chercher à connaître ses capacités, ses potentialités, ses ressources, ses atouts et qualités. Nous ne pouvons pas seulement être des personnes 

 négatives. Ainsi, mieux nous nous connaissons, mieux nous pourrons être utiles et pourrons apporter quelque chose de bon aux autres. Et l'évangile d'aujourd'hui nous invite donc justement à savoir mettre en valeur notre richesse humaine, celle que Dieu nous a donné en venant en ce monde.

 

 *Secundo*, l'évangile de ce jour dénonce un péché capital que nous connaissons tous, avec ses corrolaires, il s'agit de *la paresse*. Elle est un péché capital, parce qu'elle peut produire ou conduire à d'autres péchés. Voyez-vous, comme avec ce 3e serviteur, qui a enfouis son talent, et a croisé les bras, nous sommes nombreux qui excellons dans l'oisiveté. Saint Paul dans la 2e lecture, écrivant aux thessaloniciens au sujet de la venue du Seigneur, leur dit de ne pas s'endormir comme les autres. Oui nous sommes nombreux dans nos maisons, dans nos familles qui passons le temps à dormir, sans rien faire. Notre seul travail parfois, c'est de manger, de zapper la télé, ou de passer le temps derrière leurs claviers d'ordinateurs ou de Smartphones. Ce que le pape François appelle, *les chrétiens de canapé, affairés à ne rien faire, qui ne bougent pas et ne s'engagent pas.* Comme avec ce 3e serviteur, nous sommes nombreux qui avons enterré nos talents, nos savoirs faire : *Je sais lire, je sais chanter, j'ai telle capacité, sachons que l'Eglise a besoin que tout cela soit mis au service de l'annonce de la Bonne Nouvelle.* Mais nous sommes nombreux qui passons le temps à regarder les autres, à les critiquer sans rien apporter de constructif ; on critique plutôt ceux qui ont osé, ceux qui ont pris le courage de s'engager, alors que nous mêmes nous sommes incapables de bouger le petit doigt. Jésus nous invite aujourd'hui d'oser, de prendre les risques comme les deux 1ers serviteurs.

 

Frères et sœurs, comme avec le portrait de la femme vaillante dont nous parle la 1ère lecture, soyons des personnes travailleuses, qui s'engagent pour la cause de la Bonne Nouvelle et le bonheur terrestre de leurs frères et sœurs. Nous avons appris à l'école primaire que le travail éloigne de nous trois grands maux : le vice, l'ennui et le besoin. La paresse est un grand vice. Quand on est paresseux, on peut voler, on peut jalouser, on peut envier, on devient méchant.

 

```Prions donc le Seigneur en ce dimanche, pour qu'il nous donne cette grâce de mieux nous connaître d'abord, pour découvrir ou prendre conscience de ce que nous sommes, de ce que nous avons comme valeur et ce que nous pouvons apporter dans l'édification de son Royaume. Qu'il nous donne le courage de savoir oser et de travailler pour sa plus grande gloire, le salut du monde et pour notre propre salut.```

 

Un très bon dimanche à tous dans le Christ Jésus notre Seigneur.

 

 *Padre Armand, sac!*